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J'entends tinter l'espoir

Publié le par Sylvie Méheut

Les lèvres de la nuit lézardent les persiennes

Sans doute pleut-il encore

J’entends tinter le soir

Demain s’en reviendra danser sur l’accotoir

Délivrant le veilleur de ses ombres anciennes

 

Le ciel ce ferrailleur s’est pendu aux antennes

Revoici la douceur à la lampe d’ivoire

Sans doute pleut-il encore là-bas sur Saint-Lazare

Où pâlissent déjà nos ombres d’obsidienne

 

Les lèvres du matin lézardent les persiennes

J’entends tinter la pluie

J’entends tinter l’espoir

Comme tinte la peine sur le quai des départs

 

Le ciel ce ferrailleur s’est pendu aux antennes

Sans doute pleut-il encore sur les quais de la Seine

Entre le Malaquais et la Rue des Beaux-Arts

 

Sans doute pleut-il encore sur le Quai de la Gare

 

 

Sylvie Méheut

Extrait du recueil Le cercle de l'aurore, Monde en poésie éditions.

 

 

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Je croyais tout savoir

Publié le par Sylvie Méheut

 

Je croyais tout savoir du vent et des nuages

Par-delà les mirages où mon cœur s’était mû

Je croyais tout savoir de l’éternel adage

Que se disputent au loin les voiliers inconnus

 

Je croyais tout savoir de l’aurore sauvage

Au crépuscule ardent assoiffé d'irréel

Quand l’océan siphonne au bras du bastingage

Ce qui nous reste d’or pour inventer le ciel

 

Je croyais tout savoir de l’amble de la vie

J’édifiais sans ambages le chant bleu des saisons

Le printemps pour éclore - L’hiver pour l’embellie

Et de l’été toujours l’intrépide moisson

 

Lorsque tu es venu rompre mes litanies 

Comme on vient du silence apporter la chanson

Lorsque tu es venu du versant de l'oubli

Remettre entre mes doigts la clé de l’horizon

 

L’automne mena l'amour au seuil de ma maison

 

 

Sylvie Méheut 

Extrait du recueil Le cercle de l'aurore, Monde en poésie éditions.

 

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Ton visage adoré

Publié le par Sylvie Méheut

 

Ton visage adoré où s’arrime le monde

J’y suis venue cueillir la palme du printemps

Et je plonge en tes yeux comme plonge le temps

Lorsque le vent dénoue sa cape vagabonde

 

Ton visage adoré

Avec toutes ses cascades et tous ces chemins creux

Qui mènent le bonheur de mes lèvres à tes yeux

Où s’irisent en riant d’étranges mappemondes

 

Visage Ô paysage

Viens 

Entre dans la ronde

 

Entre avec tes palombes

Tes collines en fleurs

Tes îles florifères

Tes versants faméliques

Tes aurores premières

Tes bracelets de feu

Tes berges

Tes crécelles

Ta loi et ta musique

 

Entre avec tes silences

 

Visage Ô paysage

Viens

Entre dans la danse

Que je sente en mon sein l’écho de l’infini

Battre battre tambour avant que de renaître

 

Qu’il serait bon Amour de s’endormir ainsi

Ainsi que le lilas

Tes lèvres à ma fenêtre

 

 

 

Sylvie Méheut

Extrait du recueil Le cercle de l'aurore, Monde en poésie éditions.

 

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Ô luths jouez encore

Publié le par Sylvie Méheut

Ô luths jouez encore

Quand l’horizon s’incline

Le soir exhume alors

Ses instances marines

Ses épigrammes d’or

 

Ô luths jouez encore

 

Jouez que se dessinent

Là-bas sur la colline

Les fragrances alumines

De la vie qui s’endort

 

Ô luths jouez encore

 

Jouez que se déclinent

Sous la nuit plombalgine

Les épitaphes d’or

D’un ciel océanide

Que l’amour aramide

Excave sans remord

 

Ô luths jouez encore

 

 

Sylvie Méheut

Extrait du recueil Le cercle de l'aurore, Monde en poésie éditions.

Publié dans Vagabondages

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Le cercle de l'aurore

Publié le par Sylvie Méheut

Le cercle de l'aurore ©Valentine Magendie

Le cercle de l'aurore ©Valentine Magendie

         Je ne suis pas ce Je majuscule et sans âge, je ne suis pas ce Je apposé dans la marge. Je suis Vous qui passez, compagnons de mirages, multiples de moi-même à l'ombre des noyers.

Il m'en aura fallu du temps pour délasser les grandes mains de l'aube que le couchant fermente et du temps pour aimer par-delà la tourmente, chaque coeur, chaque ride, chaque larme versée.

Je sais que le dernier souffle aura le parfum du premier, rassemblant à rebours les fragrances éludées de nos intermittences et je nous sais unis par la même cadence, la même convergence, la même humanité.

Quand un enfant s'envole, quand un homme se perd, quand une femme meurt sous les coups de son frère, quand les linceuls d'hiver ensanglantent les blés, c'est la terre tout entière qui compte ses absents et qui pardonne au ciel son silence funeste. C'est la terre tout entière qui pleure sous sa veste, recouvrant d'un revers de glaise les gisants.

Il m'en aura fallu du temps pour délivrer l'azur de ses nasses fatales, de ses vents sanguinaires, de ses capes meurtries, ses famines d'osiers, ses faillites de cendre, ses bombes, ses prisons, ses potences dressées.

Il m'en aura fallu du temps pour Nous aimer, il m'en aura fallu, il m'en faudra encore pour aimer par-delà le cercle de l'aurore.

 

 

Sylvie Méheut

Extrait du recueil Le cercle de l'aurore, Monde en poésie éditions

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Entre Rochebonne et Dinard

Publié le par Sylvie Méheut

Tout est si permanent 
Tout semble volubile
C’est à peine si l’on pressent
Sur le Sillon évanescent
L’oisellement bleu de la ville

Ô que personne ne gémisse
Ô que nulle âme ne périsse
À moins de mille années d’ici
Que sur le front de marée glisse
À la manière d’un calice
Un fier haleur aux yeux d’oubli

Voici le ferry de Portsmouth
Qui s’éloigne sur ses feutrines
Avec son coeur d’amareyeur
Et son giron de popeline
Voici le ferry de Portsmouth
Tel un mirage aux yeux de bruine

Ô que personne ne flétrisse
Ô que nulle âme ne trahisse
À moins de mille années d’ici
Que sur le front de mer ne passe
À la manière d’un rapace 
Un fier haleur aux yeux de nuit

Voici l’hôtel du bout du monde
Dont tu me parlais l’autre soir
Voici l’hôtel du bout du monde
Entre Rochebonne et Dinard

Tout est si permanent
Tout est si volubile
Nous n’avons d’yeux que pour les îles
Qui voient partir vers l’Angleterre
Un oiseau-lyre aux yeux de mer

C’est à peine si l’on pressent
Sur le Sillon luminescent 
L’oisellement bleu de la ville


Sylvie Méheut

Extrait du recueil Le cercle de l'aurore, Monde en poésie éditions.

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Le temps des amours

Publié le par Sylvie Méheut

Léon Perrault

Léon Perrault

Il ne fut pas long le temps des amours
Mais il m’a laissé au creux de l’oreille
L’écho d’un ruisseau bel écrin d’oseille
Où s’allait le soir paître mon troupeau

La fenêtre offerte au printemps nouveau
Emporte le temps emporte la page
Comme il était sage comme il était beau
Le temps des amours et du renouveau

Il ne fut pas long le temps des amours
Mais si doux au cœur et si tendre à l’âme
Que je garderai comme une oriflamme
Épinglée au soir sa petite flamme

Sa petite flamme comme une oriflamme
En guise de palme dans le ciel si beau

Il ne fut pas long le temps des amours
Mais il m’a laissé au creux de l’oreille
L’écho d’un ruisseau bel écrin d’oseille
Où s’allait le soir paître mon troupeau

 

Sylvie Méheut

Extrait du recueil Le cercle de l'aurore, Monde en poésie éditions.

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Rimbaldie

Publié le par Sylvie Méheut

Rimbaldie

Parfois l'on court après la rime sous le souffle creux de midi
Parmi les pâleurs abyssines descend un vent de Rimbaldie
C’est alors que le temps soulève ses oriflammes damassées
Et majusculement s’élève le sceptre de l'immensité 

Et l’on embarque pour Mézières comme on embarque pour la vie
Glanant sur la Meuse trémière des chiffonnades d’infini
O que le temps déchu imprime au pavillon des heures closes
Quelques fragrances abyssines sur le glacis des primeroses

Parfois l’on court après la rime sous le souffle creux de minuit
Parmi les pourpreurs abyssines descend un vent de Rimbaldie
Et l’on embarque pour Mézières comme on embarque pour la vie
Glanant sur la Meuse trémière des sérénades d’organdi  

O que le temps déchu ravive sous les tilleuls échevelés 
Quelques voyelles alumines - Quelques ombrelles pour l’été

 

Sylvie Méheut

Extrait du recueil Le cercle de l'aurore, Monde en poésie éditions.

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Lorsque tu me viendras

Publié le par Sylvie Méheut

Lorsque tu me viendras belle âme déferlante
Au gré de ces détours chatoyants et nacrés
Je saurai reconnaître à ta main ruisselante 
La source solennelle de ton immensité

Et nous irons cueillir les émaux infrangibles
Qui s’étirent en amont de nos éternités
Et les grappes alanguies des coteaux impassibles
Où le ciel éperdu s’enivre de rosée

Lorsque tu me viendras belle âme déferlante
Au gré de ces déserts où s’abreuve le jour
Je saurai reconnaître à ta voix florissante
La sève solennelle et suave de l’amour

Et nous irons cueillir sur les chemins d’errance
Entre le limonier et l’olivier frondeur
Loin des larmiers transis de la désespérance
la rose de nos vents  La rose de nos coeurs


Sylvie Méheut  

Extrait du recueil Le cercle de l'aurore, Monde en poésie éditions.

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Vois

Publié le par Sylvie Méheut

 

Vois
Cet amour que nous possédons
Et cet amour qui nous précède
Qu’une chaste et dolente fièvre
Aiguise en son humanité

Vois
Tout se morcelle sous l’absence
Et de l’absence tout renaît
La source ne mendie jamais
C’est le ruisselet qui s’avance

Vois
Sous la coupole du silence
Parader l’amble du désir
Où pour l’ovale d’un soupir
Le matin danse

 Sois
Au-delà de l’appartenance
L’alliage
L’alliance
L’immensité
Et le paraphe de la chance
Dans la marge du verbe aimer


Sylvie Méheut  

Extrait du recueil Le cercle de l'aurore, Monde en poésie éditions.

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