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Boreas

Publié le par Sylvie Méheut

John William Waterhouse

John William Waterhouse

 

Que n’ai-je assez vécu sur la berge sauvage

Où la douleur allait sous son corset d’airain

Plus folle que le vent sur la lande des sages

Plus solitaire encor’ que ne l’est le matin

 

Que n’ai-je assez dansé sur la grève volage

Voltigeant comme azur au milieu des genêts

Quand l’ourlet de la mer enroulait au passage

La voile de mes jours au scaphandre de mai

 

Que n’ai-je assez chanté sur les pavés d’automne

Quand la ville épousait la brume sous mes pas

Et que passait la joie tranquille et monotone

Distillant sa lumière sur le parvis des rois

 

Que n’ai-je assez aimé aux tisons de l’absence

Que n’ai-je assez vécu  Que n’ai-je assez chanté

Pour qu’enfin le bonheur sur son vaisseau d’aimance

En un sanglot suprême daigne me pardonner

 

 

Sylvie Méheut

Extrait du recueil Le cercle de l'aurore, Monde en poésie éditions.

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Nocturne

Publié le par Sylvie Méheut

View From the Hill © Maurice Sapiro

View From the Hill © Maurice Sapiro

Lorsque le soir essore ses ombres sur la ville
Que mon rêve exigu se change en firmanent
Je voyage étrangère en terre codicille
Je voyage indocile en quête du printemps

Sur le chemin de ronde ourlé de santolines
Sur les coteaux cendrés où le vent s’apitoie
Caressant de son front la voûte calamine
Où vermillonne encore un soleil aux abois

Lorsque la nuit distraite échange ses feutrines
Contre un souffle d’amour nubilement posé
Je voyage alifère en terre clandestine
Telle une balsamine aux rameaux de l’été

 

Sylvie Méheut

Extrait du recueil Le cercle de l'aurore, Monde en poésie éditions.

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Théorème

Publié le par Sylvie Méheut

 

 

Je me nourris d’instants

Alifères et concaves

Où le temps

Magnétique embase

Dissout ses instincts exigus

 

Sous les lacis entremaillés

Des souvenirs qui s’amoncellent

Se dégage l’aurore nouvelle

De nos crémaillères ténues

 

Et Toi

En sortie d’illusion

Là où nos instances s’ébrouent

Tu ris au vent que je recouds

Sous des paraboles de vair

 

Tu ris comme rugit l’enfance

Entre semailles et salaisons

Lorsque je pêche sous tes lances

Le soleil roux de mes saisons

 

Tu me tends l’envie de renaître

De convoiter le matin creux

Sous les rochers où je viens paître

La poudre nacrée de tes yeux

 

Je me nourris d’instants

Alifères et concaves

Où le temps

Magnétique embase

Dissout l’océan sous tes cieux

 

 

Sylvie Méheut

Extrait d'Immanences - Éditions Atlantica, 2010.

Publié dans Immanences

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J'entends tinter l'espoir

Publié le par Sylvie Méheut

Les lèvres de la nuit lézardent les persiennes

Sans doute pleut-il encore

J’entends tinter le soir

Demain s’en reviendra danser sur l’accotoir

Délivrant le veilleur de ses ombres anciennes

 

Le ciel ce ferrailleur s’est pendu aux antennes

Revoici la douceur à la lampe d’ivoire

Sans doute pleut-il encore là-bas sur Saint-Lazare

Où pâlissent déjà nos ombres d’obsidienne

 

Les lèvres du matin lézardent les persiennes

J’entends tinter la pluie

J’entends tinter l’espoir

Comme tinte la peine sur le quai des départs

 

Le ciel ce ferrailleur s’est pendu aux antennes

Sans doute pleut-il encore sur les quais de la Seine

Entre le Malaquais et la Rue des Beaux-Arts

 

Sans doute pleut-il encore sur le Quai de la Gare

 

 

Sylvie Méheut

Extrait du recueil Le cercle de l'aurore, Monde en poésie éditions.

 

 

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Je croyais tout savoir

Publié le par Sylvie Méheut

 

Je croyais tout savoir du vent et des nuages

Par-delà les mirages où mon cœur s’était mû

Je croyais tout savoir de l’éternel adage

Que se disputent au loin les voiliers inconnus

 

Je croyais tout savoir de l’aurore sauvage

Au crépuscule ardent assoiffé d'irréel

Quand l’océan siphonne au bras du bastingage

Ce qui nous reste d’or pour inventer le ciel

 

Je croyais tout savoir de l’amble de la vie

J’édifiais sans ambages le chant bleu des saisons

Le printemps pour éclore - L’hiver pour l’embellie

Et de l’été toujours l’intrépide moisson

 

Lorsque tu es venu rompre mes litanies 

Comme on vient du silence apporter la chanson

Lorsque tu es venu du versant de l'oubli

Remettre entre mes doigts la clé de l’horizon

 

L’automne mena l'amour au seuil de ma maison

 

 

Sylvie Méheut 

Extrait du recueil Le cercle de l'aurore, Monde en poésie éditions.

 

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Ton visage adoré

Publié le par Sylvie Méheut

 

Ton visage adoré où s’arrime le monde

J’y suis venue cueillir la palme du printemps

Et je plonge en tes yeux comme plonge le temps

Lorsque le vent dénoue sa cape vagabonde

 

Ton visage adoré

Avec toutes ses cascades et tous ces chemins creux

Qui mènent le bonheur de mes lèvres à tes yeux

Où s’irisent en riant d’étranges mappemondes

 

Visage Ô paysage

Viens 

Entre dans la ronde

 

Entre avec tes palombes

Tes collines en fleurs

Tes îles florifères

Tes versants faméliques

Tes aurores premières

Tes bracelets de feu

Tes berges

Tes crécelles

Ta loi et ta musique

 

Entre avec tes silences

 

Visage Ô paysage

Viens

Entre dans la danse

Que je sente en mon sein l’écho de l’infini

Battre battre tambour avant que de renaître

 

Qu’il serait bon Amour de s’endormir ainsi

Ainsi que le lilas

Tes lèvres à ma fenêtre

 

 

 

Sylvie Méheut

Extrait du recueil Le cercle de l'aurore, Monde en poésie éditions.

 

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Ô luths jouez encore

Publié le par Sylvie Méheut

Ô luths jouez encore

Quand l’horizon s’incline

Le soir exhume alors

Ses instances marines

Ses épigrammes d’or

 

Ô luths jouez encore

 

Jouez que se dessinent

Là-bas sur la colline

Les fragrances alumines

De la vie qui s’endort

 

Ô luths jouez encore

 

Jouez que se déclinent

Sous la nuit plombalgine

Les épitaphes d’or

D’un ciel océanide

Que l’amour aramide

Excave sans remord

 

Ô luths jouez encore

 

 

Sylvie Méheut

Extrait du recueil Le cercle de l'aurore, Monde en poésie éditions.

Publié dans Vagabondages

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Le cercle de l'aurore

Publié le par Sylvie Méheut

Le cercle de l'aurore ©Valentine Magendie

Le cercle de l'aurore ©Valentine Magendie

         Je ne suis pas ce Je majuscule et sans âge, je ne suis pas ce Je apposé dans la marge. Je suis Vous qui passez, compagnons de mirages, multiples de moi-même à l'ombre des noyers.

Il m'en aura fallu du temps pour délasser les grandes mains de l'aube que le couchant fermente et du temps pour aimer par-delà la tourmente, chaque coeur, chaque ride, chaque larme versée.

Je sais que le dernier souffle aura le parfum du premier, rassemblant à rebours les fragrances éludées de nos intermittences et je nous sais unis par la même cadence, la même convergence, la même humanité.

Quand un enfant s'envole, quand un homme se perd, quand une femme meurt sous les coups de son frère, quand les linceuls d'hiver ensanglantent les blés, c'est la terre tout entière qui compte ses absents et qui pardonne au ciel son silence funeste. C'est la terre tout entière qui pleure sous sa veste, recouvrant d'un revers de glaise les gisants.

Il m'en aura fallu du temps pour délivrer l'azur de ses nasses fatales, de ses vents sanguinaires, de ses capes meurtries, ses famines d'osiers, ses faillites de cendre, ses bombes, ses prisons, ses potences dressées.

Il m'en aura fallu du temps pour Nous aimer, il m'en aura fallu, il m'en faudra encore pour aimer par-delà le cercle de l'aurore.

 

 

Sylvie Méheut

Extrait du recueil Le cercle de l'aurore, Monde en poésie éditions

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Entre Rochebonne et Dinard

Publié le par Sylvie Méheut

Tout est si permanent 
Tout semble volubile
C’est à peine si l’on pressent
Sur le Sillon évanescent
L’oisellement bleu de la ville

Ô que personne ne gémisse
Ô que nulle âme ne périsse
À moins de mille années d’ici
Que sur le front de marée glisse
À la manière d’un calice
Un fier haleur aux yeux d’oubli

Voici le ferry de Portsmouth
Qui s’éloigne sur ses feutrines
Avec son coeur d’amareyeur
Et son giron de popeline
Voici le ferry de Portsmouth
Tel un mirage aux yeux de bruine

Ô que personne ne flétrisse
Ô que nulle âme ne trahisse
À moins de mille années d’ici
Que sur le front de mer ne passe
À la manière d’un rapace 
Un fier haleur aux yeux de nuit

Voici l’hôtel du bout du monde
Dont tu me parlais l’autre soir
Voici l’hôtel du bout du monde
Entre Rochebonne et Dinard

Tout est si permanent
Tout est si volubile
Nous n’avons d’yeux que pour les îles
Qui voient partir vers l’Angleterre
Un oiseau-lyre aux yeux de mer

C’est à peine si l’on pressent
Sur le Sillon luminescent 
L’oisellement bleu de la ville


Sylvie Méheut

Extrait du recueil Le cercle de l'aurore, Monde en poésie éditions.

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Le temps des amours

Publié le par Sylvie Méheut

Léon Perrault

Léon Perrault

Il ne fut pas long le temps des amours
Mais il m’a laissé au creux de l’oreille
L’écho d’un ruisseau bel écrin d’oseille
Où s’allait le soir paître mon troupeau

La fenêtre offerte au printemps nouveau
Emporte le temps emporte la page
Comme il était sage comme il était beau
Le temps des amours et du renouveau

Il ne fut pas long le temps des amours
Mais si doux au cœur et si tendre à l’âme
Que je garderai comme une oriflamme
Épinglée au soir sa petite flamme

Sa petite flamme comme une oriflamme
En guise de palme dans le ciel si beau

Il ne fut pas long le temps des amours
Mais il m’a laissé au creux de l’oreille
L’écho d’un ruisseau bel écrin d’oseille
Où s’allait le soir paître mon troupeau

 

Sylvie Méheut

Extrait du recueil Le cercle de l'aurore, Monde en poésie éditions.

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