A ce jour
A ce passant de vie entre glaise et lumière
A ce poste qui fuit son guet de déshonneur
A la brume d’érable irradiant la ferveur
Et son rouge oripeau habillé d’éphémère
A ces pavés de pluies en marge de nos pleurs
A la ville qui fuit sous sa cape amarante
A ce Mont-de-Piété qui escorte nos peurs
Aux caveaux numéraires que l’abandon tourmente
Aux tremblements feuillus des taillis acouphènes
A la gorge ployant sous le baiser meulier
Qui mansarde ouvrier nos saisons fourmilières
Aux animaux paissant le ventre de l’été
A l’enfance enjouée qui roule sous ses pas
La violence lactée des joutes florifères
Aux caniveaux sucrés des fresques batelières
Aux Noëls vitrifiant les cornes des sous-bois
A ceux qui sont sans yeux A ceux qui sont sans toits
A ce qui fait de nous des hordes roturières
Toujours agenouillées aux parvis incendiaires
Le front piqué au ciel et le cœur en émoi
A ce jour orgueilleux qui lisse la frontière
A l’aiguille d’embaumeur qui pique le lilas
Au soleil pudibond décolletant l’hiver
A Ses pas sur nos mers A Ses mains sur nos voix
A ce jour