Samedi 14 novembre 2009
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Il est un petit champ que blasonne la lune
Tout contre la falaise au gantelet de brume
Un petit champ d’écume que ravive le vent
Il n’est de vie ici que l’ample plénitude
Synchronique agonie des vagues et des dunes
Sous la nuit qui se tend
Aux guêpières lactées d’un océan d’ébène
Appareillent nubiles les étoiles anciennes
Sur un chariot d’argent
Sur le champ mirifique la lune tisse alors
Des chapelets vernis et des étoles d’or
Que la bruine gomine fantomatiquement
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Mercredi 11 novembre 2009
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Sous son sarrau de palissandre
L’ondée aligne ses sarments
Comme autant de larmes de cendre
Que le vent sème sur les champs
Il se fait tard sous la remise
Le soir détrousse le jardin
Sous le préau lassé s’irise
Un crépuscule byzantin
La nuit s’en vient filant sa laine
Le long des murailles noircies
Sans rémission saigne la plaine
Sous l’œil opalin de la pluie
Sous son sarrau d’aube liquide
L’ondée aligne ses sarments
Comme autant de larmes candides
Que le vent sème sur les champs
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Dimanche 8 novembre 2009
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Muette
Je me suis conçu des lèvres
Imperceptiblement
Aveugle
Je me suis inventé un regard adjacent
Délivrant ainsi les contraires
Et les livrant au feu
Sorcière n’exhumant que sa fièvre
Et le temps miséreux
La pensée qui portait
S’érige en abstinence
Et mes mots se font pieux
Les heures se dénudent
Aux fenêtres du temple
Le verbe git sous toise
L’amour danse
Ailleurs Ailleurs Ailleurs
Le vin d’Iroise ne me réjouit plus
J’appréhende la méconnaissance et ses remous poisseux
Déjà je ne vais plus
J’avance
Longeant les murs des nuits poreuses
Aux instincts magnétiques
Aux lunes denses
Ces nuits-mêmes où tu allais si bleu
Ton printemps annoncé comme une transhumance
Muette
Je me suis conçu des lèvres
Imperceptiblement
Aveugle
Je me suis inventé un regard adjacent
Et c’est cet axiome rupestre
Qui te revient tremblant
En quête d’abnégation de syntaxe
Et de vent
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Mercredi 4 novembre 2009
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Les cieux s’endettent
Cuivrés dessus les aulnes
A l’orée de la sapinière
Le front pommelé de l’aurore
Libère ses planisphères
Sur les cimes serties
L’exode hémophile de l’automne
Quadrille ses barcarolles
Sur l’amiante des buis
Les cèpes misanthropes
Dissèquent leurs fragrances
Sur les paillasses rances
Des fosses racornies
Sous nos pas qui lézardent
Les frusques de novembre
S’écornent en riant
Des zébrures de cendre
Sous des copeaux de suie
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Vendredi 30 octobre 2009
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Les instants maquisards éructent leurs ivresses
Vertes telle la coiffe des vibrants argousiers
Sur l’ornière froissée la mousse s’agenouille
Et lève vers le ciel son front enquenouillé
Sobres vivisections des ormes sous la brume
Sombres allégations où se gomment les fleurs
Sanguines et perforantes telle l’âme des pleurs
Que la vie place en dôme au sommet de la lune
J’erre ainsi sur les sentes dépenaillées d’automne
Ton regard pèle au jour l’écorce des étés
Qui s’ébattent surpris entre tourbes atones
Et fougerines lances sous pelisse argentée
Les instants maquisards éructent leurs ivresses
Vertes telle la coiffe des vibrants argousiers
Je vais sondant ma foi aux abimes épaisses
Où s’enquenouille au bois mon âme agenouillée
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