L'ébloui

Publié le par Sylvie Méheut

Je ne sais d’ici que le lent ravitaillement des heures 
Et le chant incessant écharpant le silence
Je ne sais d’ici que l’ongle des sentiers qui écosse la plaine
Et la mer au lointain qui lisse ses bas bleus
La paresse des îles
Le rouet de tes yeux
L’indolence des palmes
L’insolence des cieux

Tu es cet ébloui revenu du silence
Tu es ce murmuré dans le soir silicieux
Tu as repris l’espace comme on reprend la chance
Avec au cœur l’espoir d’un ultime voyage
Tu es cet ébloui qui se joue des naufrages

Tu me l’avais promis
Le bonheur s’est posé

Le bonheur s’est posé
Comme une sentinelle
Il a franchi le gué
Il a passé le feu
Et retroussé là-bas l’étang aux tourterelles

Les jours sont devenus patients

Dans son écrin d’azur
La mémoire se prélasse 
Pas un souffle de vent 
Aux jupes des terrasses
J’entends battre ton cœur
Au poignet du printemps

Je ne sais d’ici que le lent ravitaillement des heures
Je vis à quelques pas du silence

Juste à hauteur d’oiseau

 

Sylvie Méheut 

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article