Minsk

Publié le par Sylvie Méheut

L'hiver en sa décrue aura lavé la ville
Et nous retrouverons de Minsk la beauté
Le soir dessus les ponts se pendra volubile
Sur le grand portulan nous jetterons nos clés
       
Où irons-nous Amour dans la nuit filandière
Vers quels équinoxes nos regards affûtés
S'iriseront ainsi que mille planisphères sur l'amande des blés ?

Nous savons de l'autel des vents si peu de choses
Et de l'auspice ardent l'incandescente allée
Qui nous conduit déjà où s'entrouvrent les roses
Plus près du Gorky Park que de l'éternité

Tu sais les bastingages des bateaux du dimanche
Plus souples que la brise au collier du matin
Si nous tombions à l'eau le soleil sur sa branche
Nous tendrait ses festons de nacre et de satin  
                                        
Il est déjà midi et la vie s'impatiente
Au jardin botanique le printemps s'en revient
Sur les plus hautes cimes entends tinter la chance
La belle chance vive aux ailerons d'airain !

Ah les beaux jours de Minsk quand avril carillonne 
Laissant aux promeneurs des baldaquins soyeux
Des wagons si fleuris que l'amour s'y repose dans un long couffin bleu !

En attendant fiévreux que demain nous entraîne
Nous rêvons à la lampe dans le soir éperdu
Des hordes de frissons effeuillent les persiennes
Saint-Siméon s'endort tel un enfant fourbu

L'hiver en sa décrue aura lavé la plaine
Faut-il vraiment Amour que la nuit nous reprenne ? 

 

Sylvie Méheut

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Eric Costan 08/03/2018 12:43

Une réussite . Que j'aime ta poésie !

Sylvie Méheut 11/03/2018 21:36

Merci beaucoup Eric... Touchée par ton regard.

Yann P 07/03/2018 14:11

"Faut-il vraiment Amour que la nuit nous reprenne ?"
Merci Sylvie pour ce chant merveilleux.

Avec toute mon amitié

Sylvie Méheut 11/03/2018 21:37

Merci bien cher Yann...
Mon amitié en retour.