Ô toi

Publié le par Sylvie Méheut

André Kertész

André Kertész

 

Tu me tues chaque jour

Dans cette impasse-là

Immergée dans l’aréole d’une fourmilière sans joie

Je m’éprends de l’attente

De l’attente de toi

 

Pierre sonnante d’une extraction sourde

Fièvre ardente

 

Ô toi

 

Ta main lentement révèle mes secondes

La chute inutile de mes reins s’isole et se débat

Nuage de toi sous mes chevilles

Hisse ma joie

 

Ô toi

 

Épargne-moi

Je progresse sans toi

Qu’importe l’attraction

De la foi quadrillant mes offrandes

Je demeure circulaire dans l’arène de toi

 

Je vais sans corps

Je suis le langage qui précède ta joie

Je couvre les mille pâtures où tu t’ébats

 

Ô toi

 

Ceux de là-bas ne savent pas

Que tu vis fou en moi

Sous l’épineuse matrice de ma voix

 

Ô toi

Ceux de là-bas ne savent pas

 

 

 

 

Sylvie Méheut

Extrait d’Immanences - Éditions Atlantica, 2010.

 

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Éric Costan 05/11/2017 21:43

Il faut que je trouve ton livre.
J'adore ce texte. Je vais le lire et le redire.
Et le partager.

Sylvie Méheut 06/11/2017 11:19

Merci Eric. Je suis touchée que ce texte te plaise. Et si jamais tu ne trouves pas Immanences, je te prêterai mon exemplaire de garde. Une réédition est envisagée à long terme :)