Impressions briochines

Publié le par Sylvie Méheut

 

Ô mon arborescence 

Ma sanguine odyssée

Tu dis

Et je t’encense

Toutes lanternes bues

 

La ville et ses vallées 

Mille en tout, me dis-tu

Les sentes minérales

Les jardins ouvriers

Les boulevards assis 

Charner et Clémenceau

L’allée des Promenades

Au kiosque tellurique

Saint-Michel et son masque

Robien et sa musique

 

Et pointant le museau

À main franche du tout

L’Armor et son Toupin

Et le Gouët qui s’enfuit

Il faut des ponts pardi

Et des viaducs aussi 

Pour siroter l’ici

 

Là-bas la passerelle

Enfile ses quais bleus

Il faut des quais-levis

Pour les beaux amoureux

Et des gares amourées

Au ventre magnétique

Il faut tout ça dis-tu 

Pour gober la rythmique

 

Les rues s’élancent

Et nous allons

De repère en tanière

Là-bas c’était naguère

Ici le guéridon

Le lierre et la fougère

Le petit orphéon

 

L’usinage des mots

C’est buissonnier dis-tu

Et c’est incontrôlable

Étonnement ténu

 

Les façades joufflues

Les immeubles maussades 

Et la mer au lointain 

Qui crêpe ses cheveux

Il faut des grèves aussi

Pour les beaux amoureux

 

Tu dis hier et demain

Et la ville s’élance

Et mon âme en ta main

Je t’encense

Je t’encense

 

 

Saint-Brieuc, novembre 2015

 

Sylvie Méheut 
Extrait du recueil Le cercle de l'aurore, Monde en poésie éditions.

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