Ce blanc

Publié le par Sylvie Méheut

Se laisser surprendre

Ne donner qu’en riant les épures de miel

Qui roulent leurs écrous sous les crocs du silence

Prendre dans la mémoire la faconde et l’ivresse

Saisir sur le reflet que nos gestes d’avant n’ont cessé de distendre

La piété qui nous reste

 

Tu sais la ville et ses désirs inexplorés

Berçant fugacement la montée de septembre

Tu sais ce blanc que la corne des soleils sur la place enlunée

ne parvenait à fendre

 

Ce blanc qui ne savait attendre

Ce blanc qui était jouissance aux pupilles dérobées

Ce blanc sacré

Secret des berges alumines

Ce blanc maritime

 

Lorsque tu l’écrivais

Que je mimais tes rimes

Le temps se désossait sous nos cieux panachés

 

Ce blanc c’était l’amour vois-tu

Le partage incessant

L’abolition des bruits

Le départ de nos cœurs vers des marges d’oubli

Et mon toit en ta main qui se laissait suspendre

 

La pluie venait toujours

Délestant sous tes cils l’entre-temps et la brise

Les planches du salut

Et les yeux de bleuets des volets de septembre

 

Ce blanc c’était l’amour vois-tu

Et la ville en riant ajustait ses dentelles

Laissant au creux de reins

un parfum suranné d’amour et de coriandre

De salut et de miel

 

 

 

Sylvie Méheut 

Extrait du recueil Le cercle de l'aurore, Monde en poésie éditions.

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article

Eric Costan 27/07/2017 08:48

Il n'y a pas sur le temps de désossé après lectures de Ce Blanc.

Eric Costan 02/08/2017 14:31

Pas que le temps de désossé... faut-il lire.

Sylvie Méheut 01/08/2017 23:08

Merci encore !