La chanson de la Sorgue

Publié le par Sylvie Méheut

 

 

C’était un matin blanc sur la Sorgue attentive
Un matin où le vent irisait nos aveux
Près du moulin ta main écarquillait les cieux
D’un geste langoureux que le désir avive

Et nous fîmes l’amour et nous fîmes le voeu
De ceux qui se promettent et de ceux qui se brisent
Aux fenaisons trémières qu’un blanc soleil excise
Sous le scalpe ajouré d’un berceau facétieux

Et nous fîmes l’amour et nous fîmes le voeu
Récitant à mi-voix les mélopées anciennes
De ces amants heureux qui jamais ne reviennent
Du comptoir azuré moissonné par les dieux

C’était un matin bleu sur la Sorgue attentive
Un matin où le vent éclusait nos aveux
Près du moulin ton cœur écarquillait l’eau vive
Sous l’élan souverain d’un soleil insoucieux

Et nous fîmes l’amour et nous fîmes le voeu

 

Sylvie Méheut 

Extrait du recueil Le cercle de l'aurore, Monde en poésie éditions.

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article