Jeudi 7 janvier 2010
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Il me viendra des mots que je ne
saurai dire
Des couleurs aboyant au phosphore des rues
Leur paroi édentée où l’impasse n’est plus
Qu’un sédiment lacté au globe de nos lyres
Il me viendra des rais de fortune et d’aimance
Des joues d’enfants perdus aux calcaire des heures
Des tombeaux de décembre qui rouillent sous la fleur
Qui poème éperdue sa toge d’ignorance
Il me viendra des joies que le temps fera tiennes
Des impulsions de glaise au revers de nos puits
Qui soufflent au vent repus leur échafaud de pluie
Sur la grève où moutonnent nos contrées diluviennes
Il me viendra l’amour que je ne saurai dire
Des couleurs émaciées qui piailleront d’effroi
Sous un ciel rabaissé que l’horizon soudoie
Tel un enfant brutal aux blonds sanglots de cire
Il me viendra des mots d’onagre et de désir
De ces mots qui s’épellent aux lamelles des ans
Lorsque s’en va la vie et que revient l’instant
Qui au seuil de ta chair dépose son empire
Il me viendra des mots que je ne saurai dire
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Dimanche 3 janvier 2010
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Le bonheur allait tiède et le vent tissait fauve
D’alvéolaires emprunts sur un ciel gris de prose
Sur le dos du matin tu lissais les contours
Des soustractions posées aux fleurons de nos jours
Hissé au mât des nuits il n’est d’autre carême
Que l’écho de nos pluies aux tendons des persiennes
Hissé au mât des ans telle une perle fine
L’amour s’en va dressant ses pitiés alcalines
Partir et se le dire avec humilité
De ces corps oubliés envisager l’été
Qui s’évade en suant sa plus folle nécrose
Partir et se salir sous la voûte morose
De ces mains enchâssées redessiner la rime
Qui câble sa douleur aux élans maritimes
Où nos deux solitudes tendrement se disposent
Déjà je ne suis plus qu’une ombre sur ta vigne
Et tu n’es plus en moi qu’un souvenir éteint
Le bonheur allait tiède aux fleurons du matin
Et le vent tissait brun sa prose sur nos lignes
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Mardi 29 décembre 2009
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Ce soir l’hiver pèse aux fenêtres et la ville porte ton front
Sous de convexes apothéoses
Tes mots poudrent de leur rabat de seiche
Le dais accompli du silence
Il n’est d’amble déjà que tes accords de juste sous la verrine pâle
Ton dos coud au balcon de décembre l’imminence de nos perlières traversées
A l’horizon se distend le poinçon éventré des sycomores
Et toi désillusionnant l’ombre
Tu martèles de ton émoi l’opale de l’instant fragmenté
Je suis toi cette nuit sous l’azur retourné
Me vois-tu à tes doigts telle une ritournelle
Baguant et débaguant le lac de tes pensées
M’entrevois-tu brisant sur mes hanches de glaise
Le miroir épandu de nos éternités
Le jour remorque ailleurs son collet d’indolence
Mais cette nuit de nous mais cette nuit qui danse
Engendre l’innocence d’un corollaire été
Ce soir la ville pèse aux fenêtres et l’hiver porte ton nom
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Samedi 19 décembre 2009
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Osons l’instant mystique
Où l’ivresse de nous
Déborde et se débat
S’arc-boute et dissout
Les écheveaux d’ici
Les frondaisons de là
Et nos deux cœurs encore
De renaître à la joie
Osons l’instant mystique
Où l’ardente prière
Écluse tendrement
Nos épaules de lierre
Et nos mains en émoi
Toi qui fleuris mes peines
Et irises le temps
Tristan ma verte plaine
Penchée sur l’océan
Tristan ô ma conscience
D’être ainsi ici-bas
Née pour de te devenir
Née pour ôter de toi
La brûlure d’aimer
Le chanvre des déroutes
Tristan ma déchirure
Ma déraison ma route
Toi qui posas sur moi
Le sceau de tes saisons
Toi qui de ton regard
Assouvis l’horizon
Je me pends à ton aile
Une dernière fois
Et nos deux coeurs encore
De renaître à la joie
Tout comme au premier jour
De nos vies passagères
Osons l’instant mystique
Tristan ô ma lumière
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Mercredi 16 décembre 2009
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La ville grise sous l’hiver
Dépose aux aumônières closes
L’offrande envasée de la mer
Les digues enrôlées
Que la marée déboute
Au banc des laminaires
Crachent coûte que coûte
Leurs liqueurs amères
Les sablons orphelins
Que nos ombres décloutent
Près du bleu baptistère
Se nichent entre les roches
Que la dune fantoche
Rabat comme une mère
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Publié dans : Marines
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