
Se laisser surprendre
Ne donner qu’en riant les épures de miel
Qui roulent leurs écrous sous les crocs du silence
Prendre dans la mémoire la faconde et l’ivresse
Saisir sur ce reflet que mes gestes d’avant n’ont cessé de distendre
La piété qu’il te reste
Tu sais la ville et ses désirs inexplorés
Berçant fugacement la montée de septembre
Tu sais le blanc que même la corde des soleils
Sur la place enlunée ne parvenait à fendre
Le blanc qui ne savait attendre
Ce blanc même qui était jouissance
Aux pupilles dérobées
Ce blanc sacré
Secret des brisures des lignes
Ce blanc maritime
Lorsque tu l’écrivais
Que je mimais tes rimes
Le temps se désossait
Sous nos cieux panachés
Ce blanc c’était l’amour vois-tu
Le partage incessant
L’abolition des bruits
Le départ des étaux sous des torrents noircis
Et mon toit en ta main qui se laissait suspendre
La pluie venait toujours
Laissant dériver le long de tes cils
L’entre-temps et la brise
Les planches du salut
Et les yeux de bleuets des volets de septembre
Ce blanc c’était l’amour vois-tu
Et la ville en riant ponctuait la venelle
Laissant au creux des mains
Un parfum suranné d’amour et de coriandre
De salut et de miel


