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Celtie

Publié le par Sylvie Méheut

Celtie

Bretagne n’as-tu pas 
Jadis en ta demeure
Aligné le soleil 
À l’ombre de la croix 
Et la crique et la crypte 
Où l’océan s’enfleure 
S’irisent similaires
Au berceau de ta joie

Ô Bretagne fidèle 
Au sein de la marée 
Aux grèves de novembre 
Où passent les gisants
File file ta laine 
Au ventre du passé
Suspends à tes falaises 
L’échelle du jusant

Ô Bretagne des Voix
Invoque le Mystère
Et demande à genoux 
À Celui qui s’en vient
Couronner tes sentiers 
Où saigne la bruyère
Quelques grappes d’azur
Pour enfanter demain 

Bretagne de Xavier
Aux landes incendiaires
Vocables de lichen
Portés par les courants 
Sonne sonne la noce
Aux brumes éternelles
Saupoudre d'étincelles 
L’aile de Botzulan

Bretagne n’as-tu pas 
Jadis en ta demeure
Aligné le soleil 
À l’ombre de la croix 
Voici l’homme nouveau
Descendu du calvaire
Entre ses doigts d'argile
Un rameau d' hydrangea

 

Sylvie Méheut 

Vers Xavier Grall

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Les mûriers de septembre

Publié le par Sylvie Méheut

Les mûriers de septembre

En aparté
Et à l’encontre
Des méprises carnassières
Du temps

Il demeure 
Sourcier
Il demeure 
L’infant

La tempête ajournée
Le labyrinthe ardent
La liesse sublimée
Le chemin diligent

Le hallier solidaire
Le territoire blanc

La brume parallèle 
Au sépulcre du vent

Il demeure 
L’influx
La toison de l’orage
Le rire
L’apanage
Des gorges attendues

En aparté et à l’encontre
Des méprises carnassières
Du temps

Il demeure
Au jardin de l’absence

Ce soleil attentif
Qui recueille
 
Tremblant

La timide moisson 
Des muriers de septembre 

 

 

Sylvie Méheut

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L'arche

Publié le par Sylvie Méheut

Photo © Philippe Ulliac

Photo © Philippe Ulliac

Now I’ve heard there was a secret chord
Leonard Cohen 

                                                             ***       
 

Le long de chaque lame irriguée par le vent
Se perd une douceur ourlée de démesure

Une onde qui rugit
Une onde qui appelle
Au couronnement de l’instance première

Au premier cri venu
Qui tourmente la nuit de son glaive d’azur
De son chant ancestral

Et la question se pose 
Aux rêves éludés
Aux brumes chapardeuses
Aux genèses qui roucoulent
Sur le versant du monde

Là où le temps s’éclaire
Orgueilleux et serein
Là où l’amour humain prend son envol
Avant le recouvrement de toute chose due

Au verso de chaque vague
Se dresse l’arche tangible

De nos assentiments

 


Sylvie Méheut


 

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Et tout disparaîtra

Publié le par Sylvie Méheut

Ernest Pignon Ernest

Ernest Pignon Ernest

 

Et tout disparaîtra dans un vent de merise
L’étang aux farfadets 
La palombière grise
Le grand ciel héliotrope revenu d’Erythrée 
L’arabesque des voix carrossant la vallée
Le casaquin de soie glissant sur la glycine

 

Et tout disparaîtra dans un vent de merise
Les fièvres alumines
La mâture du soir
La capitainerie
Le col du Saint-Gothard 
Et l’encens des collines

 

Et tout disparaîtra dans un vent de merise
Les caravelles d’or
Les secrets de Solyme 
L’essence purpurine des quarante aurores 
La mort aux lèvres fines 
Et le muselet saur des crêtes abyssines

 

Et tout disparaîtra dans un vent de merise


Et tout disparaîtra

La mort aux lèvres fines
Et le casaquin d’or des fièvres abyssines

 

 

Sylvie Méheut

 

 

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Il pleut sur la mer

Publié le par Sylvie Méheut

 

Ni mur

Ni frontière

Ni fêlure

 

À peine cette torpeur étrange

De ce qui va et qui n’est plus

Déjà qu’une ombre sur la Manche

Déjà qu’un vaisseau disparu

 

Et je suis là

Nue de t’attendre

Sur ce banc qui roule éperdu

Vers d’autres chants

D’autres silences

Ses fullerènes incongrus

 

Les vitrines ce soir se penchent

Lustrant les pavés caboteurs

 

De nos rêves avitailleurs

Restent les lèvres de septembre

Sur les zébrures de nos cœurs

 

Sur la rade le soir épanche

Ses épaules d’amareyeur

 

À l’horizon le matin penche

À l’horizon le matin pleure

 

Ni mur

Ni frontière

Ni douleur

 

À peine cette torpeur étrange

De ce qui va et qui n’est plus

Déjà qu’une larme à ma manche

Déjà qu’un vaisseau disparu

 

 

À Allain Leprest 

 

 

 

Sylvie Méheut

Extrait du recueil Le cercle de l'aurore, Monde en poésie éditions.

 

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Les flambeaux du soir

Publié le par Sylvie Méheut

 

 

À peine éveillée

Dans le soir froissé

L’étoile caresse

Les gerbières d’or

Où la lune encore

Savamment paresse

 

Sur le sémaphore

Roucoule et s’endort

Le violon des brumes

Sépulcre du jour

Où le soleil gourd

Pose son enclume

 

Les barques d’osier

Tendres fiancées

Vaillamment bâillonnent

D’un baiser de jais

L’océan défait

Où l’astre rayonne

 

Aux flambeaux du soir

Tout est illusoire

L'instant est suprême

Le ciel en rêvant

Abandonne au temps

L’éclat de sa traîne 

 

 

Sylvie Méheut

 

 

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Aux filets de la nuit

Publié le par Sylvie Méheut

© Francesco Zizola, In the same boat. 2016

© Francesco Zizola, In the same boat. 2016

 

Pris au filet de la nuit

Pris au collet

Errants candescents

D’un autre hémisphère

Offerts au sexe béant de la mer

Offerts à l’agonie

 

Si l’arche n’était venue

Ils seraient morts ainsi

Sous le mors écumeux de l’hiver

Et de leur frêle esquif

Ne resterait que l’ombre

L’ombre tapie sous l’onde

Aux sablons de l’oubli

 

Mais l’arche est apparue

Sous un ciel apatride

 

Mais l’arche est apparue

 

Retroussant le néant 

De son glaive impavide

Hissant jusqu’à son sein

Les lèvres éperdues

 

 

 

Sylvie Méheut

 

 

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L'andalouse

Publié le par Sylvie Méheut

 

Dès le premier frisson qui carmine l’aurore

Alors que dans le ciel quelque nuage mousse

Je vois parfois surgir d’une ravine rousse

Le regard assombri del Cid Campeador

 

Captive, je descends cueillir dans la vallée

Le jasmin qui déjà entête les feuillages 

Si je tendais le bras j’effleurerais Carthage

O Grenade je meurs sous le dard de l'été

 

Quel ardent balsamier embaumera ma source

Quel amant pleurera au pied de l’amandier 

Où vont les gynécées de la chaste cité

Quand s'enfuient du sérail les grives andalouses ?

 

L’alfange du soleil poinçonne l’horizon

La terre s’incline alors gominant les alpages

Soudain du fond des âges résonne l’olifant

L’algazelle s'en va loin des coursiers sauvages

 

Dès le premier frisson qui tisonne le soir

Tandis que dans le ciel quelque mirage passe

Je vois se profiler un étrange rapace 

Attisant le néant de son vif étendard 

 

 

Sylvie Méheut

 

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Au pays de ses sources

Publié le par Sylvie Méheut

© Christophe Charbonnel 

 

 

J’aimerais refleurir au pays de ses sources

Et n’être plus que mousse entre ses doigts de lierre

À son flanc de nigelle épingler mes bruyères

Veiller sur son sommeil comme une abeille douce

 

Voyeur ensorcelé par le parfum des mers

Voyageur intrépide emportant dans sa course 

Les farfadets de feu escortant la Grande Ourse

Et le corset d’onyx d’une abeille légère

 

Est-ce Venise au loin - Est-ce Constantinople 

Qui déjà se profilent sous le loup de l’été

Quand argentiquement le soir sur la jetée

 

Soulève nonchalant l'étole de Canope 

Et qu’une nef blonde la grand-voile dressée 

Glisse sur l’horizon comme une abeille morte

 

 

Sylvie Méheut

 

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Matines

Publié le par Sylvie Méheut

 

Ô doux leurre de l’alacrité

Ô mirage

Ô douleur des rives salées

Et des rivages

 

Quand la lune

Triste calebasse

Fuit

Effeuillant

Sur la dune lasse

Les néons tièdes

de la nuit

 

Quand la mer

Scolopendre d’or

Étale

Sur le verso blond

De l’aurore

Son châle

 

Quand la fériale volupté

Rose

S'immisce

 

Éveillant

D’un rai langoureux

Le lit nacré

Les lèvres bleues

 

Des lys

 

 

 

Sylvie Méheut

 

 

 

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