
Et roulait la Vilaine
Comme roule la Seine
Dessous le Petit Pont



Lélian ma blanche peine
Ma p’tite pomme d’amour
Lorsque s’enfuit la Seine
Entre nos draps trop courts
Tu me dis la rengaine
Tu me dis les chemins
Qui mènent à Vincennes
En passant par Pantin
Dieu que la route est longue
Quand la nuit perd aux jeux
Le temps de dire je t’aime
Et demain se fait vieux
Bien d’autres ritournelles
Fleuriront en chemin
Quand du Bois de Vincennes
On rejoindra Pantin
Lélian ma blanche peine
Mon lot de quat’ saisons
C’est pas demain la veille
Qu’on aura not’ chanson
Celle qui dit comme on s’aime
Celle qui nous tient perchés
Sur les ponts de la Seine
Comme deux moineaux blessés
Dieu que la route est longue
Pour les amours d’un tour
Entre deux mappemondes
De manèges en tambours
Nous refaisons le monde
Dans nos draps incertains
Puis nous allons chantant
De Vincennes à Pantin
Lélian ma blanche peine
Mon chant de déshonneur
Quand tu me tiens serrée
Dans tes bras de voleur
J’entrevois les distances
Je mesure les jours
Lélian mon impatience
Je t’aimerai toujours
Dieu que la vie est belle
Quand on se prend au jeu
Quand on se dit je t’aime
Du réveil à l’adieu
Sur la grande marelle
Nous allons amoureux
De Pantin la rebelle
A Vincennes la bleue
La vie prise en chemin
Ses tiges et ses odeurs
Déjà le point du jour nivelle ses clémences
Conscience Aimance Douceur
Douleur aussi
Petite transe aux épaules du cœur
Soubresauts Diligences Clameurs
Et l’amour
Toujours l’amour qui danse
A contre-esclandre
A contre-peur
Ses quadrilles sur les apparences
Ses menuets d’ambassadeur
Sur la ville en partance
Les toisons des vitrines
Les boucles des couleurs
S’élancent
Sur le pont se balancent
Les grilles
Les filles
Les fleurs
Et ce vent d’espadrilles
Qui corolle les heures
Et les minutes grêles
Et les secondes en sueur
Sous les toits
La touffeur d’un matin autophage
L’ampleur
Aux bouches des stations
De tiédeurs en pâleurs
Le flot intempestif
Ingère la cadence
Et la gare
Oui la gare au bout des transhumances
Avec ses bras de musaraigne
La gare qui sait que l’on s’aime
Que l’on s’aime
Que l’on s’aime
A en perdre le nord
Et Dieu sait quoi encore
La gare aux bras de musaraigne
Qui serre ceux qui s’aiment
Et s’aimeront encore
La gare aux bras de musaraigne
Sur la ville qui sème
Ses poudrières d’or