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Anochecer

Publié le par Sylvie Méheut

Antequera © Eric Rowbottom

Antequera © Eric Rowbottom

Rouge l’arène

Et le vin andalou

Quand titube le soir

Sur les murailles

D’Antequera


Dans le cercle d’or

Tressé d’ambre et de feu

L’élytre rubis

D’une étoile

 

Éclat de cinabre

Dans la joie des cieux


Rouges

Les veines de l’aveu

 

Rouge le vent de charité

 

Rouges les lèvres de faïence

Sur nos paupières safranées


 

Sylvie Méheut

 

 

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Octobre

Publié le par Sylvie Méheut

Parc du Thabor, Rennes.

Parc du Thabor, Rennes.

 

Octobre 

La ville cherche son âge

Dans la rousseur des pierres


Octobre

Tiges nues et vent de bruyère

S’offrent au désir des abat-jour


Octobre 

Rue Hoche ce matin

Nabuchodonosor et pain

La Saint-Melaine en Mélusine


Octobre

Avec son front d'alabandine 

Et ses regrets de boulingrin


Octobre

Comme un surplus d'amour

Aux vasques des vitrines


Octobre

Que l’automne enlumine


Éloigne de la peine

Les toits de Saint-Vincent

Et la rose de Rennes


 


Sylvie Méheut


 

À François 

 

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Dans l'invincibilité bleue

Publié le par Sylvie Méheut

Dans l'invincibilité bleue


Laisse la vie te désirer
Laisse le large t’envahir
Quitte ta vêture de paroles

Sois le Cap qui se balance
Deviens la présence éblouie
La joie 
L’idée
La suspension
Le frémissement des saisons
La coupe pleine d’infini

Nomade et dieu
Maître du feu et maître des nuages 

Tu te tiens face à la lumière
Dans l’invincibilité bleue

Nul ne viendra trancher
La courroie de tes rêves

Nul ne viendra
C’est écrit depuis la nuit de tes temps
 
Dans le grand livre du silence

 
  

Sylvie Méheut  
 

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Comme Héloïse au Paraclet

Publié le par Sylvie Méheut

Salvador Dali

Salvador Dali

Comme Héloïse au Paraclet

Je suis l’amante religieuse

Je suis le grain

Je suis l’ivraie

Je suis ton ombre vénéneuse

 

Je suis celle que l’amour étreint

Sur le blanc-seing des nébuleuses

La quintessence du matin

Le soir glissant sur la chartreuse

 

L’esprit du temps 

Le cœur des plaies

La canopée de l’espérance

La faim

Le feu

La transparence

Et chant double des futaies

 

Dans la clairière des errants

Mon âme vibre sans conscience

Tantôt je meurs

Tantôt je nais

Entre ma chair et ta présence

 

Je porte en mon sein scarifié

L’écho vibrant de ta lumière

Comme Héloïse à la veillée

Je suis la sœur

Je suis la mère

L’abbesse au ventre de rosée

 

 

Sylvie Méheut

 

 

 

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Les berges cantilènes

Publié le par Sylvie Méheut

Les berges cantilènes

Les berges cantilènes
Propagent leur murmure
L’aigrette du soleil
Siphonne l’horizon

L’été s’enfuit déjà
Pâlissant les lasures 
Et la coulée d’azur
Glissant sur le gazon

C’est un petit chemin
Traînant dans la luzerne
C’est une flaque folle
Où la feuille s’ébat

Un chant marmoréen
Que l’angelot rappelle
Un amour oublié
Qui revient sur ses pas 

Qui parle ainsi dans l’ombre
Pour mieux se souvenir
Des fleurs en allées
Et du temps qui soupire ?

Ah les belles amours
Que l’été nous donna
Qui moururent à demi
Ou ne moururent pas !

Les berges cantilènes
Sauvages se hérissent 
Voici le vent du nord
Qui s’élance des joncs

Emportant dans sa course
Les belles sauvagines
Et les amours transis
De l’arrière-saison

 

Sylvie Méheut 

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Celtie

Publié le par Sylvie Méheut

Celtie

Bretagne n’as-tu pas 
Jadis en ta demeure
Aligné le soleil 
À l’ombre de la croix 
Et la crique et la crypte 
Où l’océan s’enfleure 
S’irisent similaires
Au berceau de l'émoi

Ô Bretagne fidèle 
Au sein de la marée 
Aux grèves de novembre 
Où passent les gisants
File file ta laine 
Au ventre du passé
Suspends à tes falaises 
L’échelle du jusant

Ô Bretagne des Voix
Invoque le Mystère
Et demande à genoux 
À Celui qui s’en vient
Couronner tes sentiers 
Où saigne la bruyère
Quelques grappes d’azur
Pour enfanter demain 

Bretagne de Xavier
Aux landes incendiaires
Vocables de lichen
Portés par les courants 
Sonne sonne la noce
Aux brumes éternelles
Saupoudre d'étincelles 
L’aile de Botzulan

Bretagne n’as-tu pas 
Jadis en ta demeure
Aligné le soleil 
À l’ombre de la croix 
Voici l’homme nouveau
Descendu du calvaire
Entre ses doigts d'argile
Un rameau d' hydrangea

 

Sylvie Méheut 

Vers Xavier Grall

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Les mûriers de septembre

Publié le par Sylvie Méheut

Les mûriers de septembre

En aparté
Et à l’encontre
Des méprises carnassières
Du temps

Il demeure 
Sourcier
Il demeure 
L’infant

La tempête ajournée
Le labyrinthe ardent
La liesse sublimée
Le chemin diligent

Le hallier solidaire
Le territoire blanc

La brume parallèle 
Au sépulcre du vent

Il demeure 
L’influx
La toison de l’orage
Le rire
L’apanage
Des gorges attendues

En aparté et à l’encontre
Des méprises carnassières
Du temps

Il demeure
Au jardin de l’absence

Ce soleil attentif
Qui recueille
 
Tremblant

La timide moisson 
Des muriers de septembre 

 

 

Sylvie Méheut

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L'arche

Publié le par Sylvie Méheut

Photo © Philippe Ulliac

Photo © Philippe Ulliac

Now I’ve heard there was a secret chord
Leonard Cohen 

                                                             ***       
 

Le long de chaque lame irriguée par le vent
Se perd une douceur ourlée de démesure

Une onde qui rugit
Une onde qui appelle
Au couronnement de l’instance première

Au premier cri venu
Qui tourmente la nuit de son glaive d’azur
De son chant ancestral

Et la question se pose 
Aux rêves éludés
Aux brumes chapardeuses
Aux genèses qui roucoulent
Sur le versant du monde

Là où le temps s’éclaire
Orgueilleux et serein
Là où l’amour humain prend son envol
Avant le recouvrement de toute chose due

Au verso de chaque vague
Se dresse l’arche tangible

De nos assentiments

 


Sylvie Méheut


 

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Et tout disparaîtra

Publié le par Sylvie Méheut

Ernest Pignon Ernest

Ernest Pignon Ernest

 

Et tout disparaîtra dans un vent de merise
L’étang aux farfadets 
La palombière grise
Le grand ciel héliotrope revenu d’Erythrée 
L’arabesque des voix carrossant la vallée
Le casaquin de soie glissant sur la glycine

 

Et tout disparaîtra dans un vent de merise
Les fièvres alumines
La mâture du soir
La capitainerie
Le col du Saint-Gothard 
Et l’encens des collines

 

Et tout disparaîtra dans un vent de merise
Les caravelles d’or
Les secrets de Solyme 
L’essence purpurine des quarante aurores 
La mort aux lèvres fines 
Et le muselet saur des crêtes abyssines

 

Et tout disparaîtra dans un vent de merise


Et tout disparaîtra

La mort aux lèvres fines
Et le casaquin d’or des fièvres abyssines

 

 

Sylvie Méheut

 

 

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Il pleut sur la mer

Publié le par Sylvie Méheut

 

Ni mur

Ni frontière

Ni fêlure

 

À peine cette torpeur étrange

De ce qui va et qui n’est plus

Déjà qu’une ombre sur la Manche

Déjà qu’un vaisseau disparu

 

Et je suis là

Nue de t’attendre

Sur ce banc qui roule éperdu

Vers d’autres chants

D’autres silences

Ses fullerènes incongrus

 

Les vitrines ce soir se penchent

Lustrant les pavés caboteurs

 

De nos rêves avitailleurs

Restent les lèvres de septembre

Sur les zébrures de nos cœurs

 

Sur la rade le soir épanche

Ses épaules d’amareyeur

 

À l’horizon le matin penche

À l’horizon le matin pleure

 

Ni mur

Ni frontière

Ni douleur

 

À peine cette torpeur étrange

De ce qui va et qui n’est plus

Déjà qu’une larme à ma manche

Déjà qu’un vaisseau disparu

 

 

À Allain Leprest 

 

 

 

Sylvie Méheut

Extrait du recueil Le cercle de l'aurore, Monde en poésie éditions.

 

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